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3 moments de la Fashion Week de Paris à retenir : Anrealage, Issey Miyake et Pierre Cardin, du podium à l'expo

Podium et exposition : Anrealage, Issey Miyake et Pierre Cardin ont marqué les neuf jours de la Fashion Week de Paris printemps-été 2027.

3 moments de la Fashion Week de Paris à retenir : Anrealage, Issey Miyake et Pierre Cardin, du podium à l'expo

Une centaine de griffes, neuf jours, du 28 septembre au 6 octobre : la Fashion Week féminine printemps-été 2027 a laissé beaucoup d'images. Si vous ne deviez retenir que trois rendez-vous, ce seraient Anrealage, Issey Miyake et Pierre Cardin, trois maisons qui ont montré leur travail sur le podium et dans une exposition.

En bref

  • Une centaine de griffes étaient au calendrier parisien pendant neuf jours, du 28 septembre au 6 octobre.
  • Anrealage a fêté son 25e défilé parisien avec Skin, des robes aux écailles en papier électronique qui changent de couleur.
  • Issey Miyake a présenté Figure of Ma dans un dojo, autour du geste de manipuler le tissu.

Le chiffre clé : 1 000 à 2 000, écailles en papier électronique par robe de cocktail chez Anrealage, contrôlées une à une.

Trois maisons ont prolongé leur défilé par une exposition

La Fashion Week féminine printemps-été 2027 s'est tenue à Paris du 28 septembre au 6 octobre. Une centaine de griffes figuraient au calendrier. Après New York, Londres et Milan, la capitale a refermé le grand cycle de la rentrée.

Parmi tous ces rendez-vous, trois maisons se distinguent par leur démarche : Anrealage, Issey Miyake et Pierre Cardin. Chacune a présenté une collection sur un podium parisien et, en parallèle, une exposition consacrée à son travail.

Pour vous qui aimez les ateliers et les gestes, c'est là que tout devient intéressant. Un défilé dure quelques minutes. Une exposition laisse le temps de regarder la matière, la construction, la manière dont une idée devient un vêtement.

Pierre Cardin complète le trio avec cette même formule : un défilé d'un côté, une exposition de l'autre. Les deux autres maisons offrent beaucoup de détails de fabrication, et c'est par elles que commence ce tour d'horizon.

Chez Anrealage, la robe devient une peau d'écailles qui change de couleur

Anrealage est une maison japonaise lancée en 2003. Son nom joue sur trois mots : real, le quotidien, unreal, l'extraordinaire, et age, une époque. Son mantra tient en une phrase : « Dieu est dans les détails ». La maison a fait ses débuts à la Fashion Week de Paris en 2014.

À chaque saison, son créateur Kunihiko Morinaga travaille un concept en s'appuyant sur des technologies et des matériaux nouveaux. Cette fois, pour son 25e défilé parisien, la collection s'appelle Skin. L'idée : une surface extérieure sans cesse réécrite, alors que l'identité profonde reste la même. Le vêtement devient une peau en mouvement. Le créateur s'est inspiré du manga Phénix, l'Oiseau de feu d'Osamu Tezuka, symbole de renaissance.

Le défilé a eu lieu à la Maison de la Radio. Il part de silhouettes intégrales façon seconde peau, puis monte en complexité : écaille après écaille, une nouvelle surface se construit à partir d'un patchwork de matières, de motifs et d'effets.

Matière ou techniqueCe qu'elle apporte
Impression Forearth de KyoceraDes dessins imprimés, avec une technologie qui économise l'eau
Écailles en Ultra suede de TorayDes costumes en trompe-l'œil et des graphismes robotiques
Papier japonais washi et sequins translucidesUn effet de pellicule qui se détache
Technologie Effective Skin de SekisaiDes écailles imprimées en 3D qui changent de couleur selon l'angle de vue
Papier électronique E InkDes écailles qui changent de couleur en un clin d'œil

Six robes de cocktail à écailles numériques et un final en LED

La transformation culmine avec six robes de cocktail aux allures d'armure. Chacune est animée par 1 000 à 2 000 écailles en papier électronique, contrôlées une à une. Des teintes vives scintillent, puis s'estompent vers un gris cendré, avant que de nouveaux motifs parcourent le vêtement.

Sous la surface, un réseau de fils relie les écailles entre elles. C'est la partie invisible du travail, celle qui rappelle que ce vêtement se conçoit comme un circuit autant que comme un tissu.

Le défilé se termine sur un mannequin vêtu d'une peau numérique en LED : le corps rayonne de lumière. En direct, une interprétation de la version de 1919 de L'Oiseau de feu d'Igor Stravinsky accompagne cette dernière image.

L'exposition Just An Real Age déroule 25 collections et file ensuite à Tokyo

En parallèle du défilé, Anrealage a présenté Just An Real Age, une rétrospective qui célèbre 25 collections parisiennes. Le commissariat est signé Sarah Andelman, de Just An Idea. L'exposition revient sur le travail de Kunihiko Morinaga et sur sa remise en question permanente des frontières entre l'ordinaire et l'extraordinaire, le familier et l'inconnu, le réel et l'irréel.

Le fondateur explique que « Just » veut dire « juste un peu » : la petite touche d'extraordinaire de la maison. Le parcours va de la collection printemps-été 2015, Shadow, à celle du printemps-été 2027, Skin. Des looks d'archives tournent sur un podium circulaire, comme un carrousel d'expériences sur les matières, la construction et les formes.

Autre moment fort : des bras robotisés balaient de lumière UV des pièces photochromiques de la collection automne-hiver 2023-2024. De nouvelles couleurs et de nouveaux motifs apparaissent. La lumière rend l'invisible visible.

Un troisième espace est dédié à Thomas Bangalter, de Daft Punk. Il a collaboré pour la première fois avec Kunihiko Morinaga sur le ballet Mirage, en 2024. Leur musique pour les défilés parisiens prend ici une forme physique : Songs for Anrealage, un disque produit par The Vinyl Factory. La visite se termine par une boutique de pièces emblématiques revisitées, avant que l'exposition ne parte pour Tokyo.

Issey Miyake revient au geste le plus simple : manipuler le tissu

Changement complet d'ambiance avec Issey Miyake. La maison a présenté sa collection Figure of Ma dans un dojo. Elle y réinterprète l'origine de la relation entre le corps et le vêtement. Le Ma désigne cet espace d'entre-deux, et c'est lui qui guide toute la collection.

« le geste simple et instinctif de manipuler le tissu, antérieur même à l'idée de vêtement, permet une compréhension du Ma, cet espace d'entre deux, dans sa forme la plus primitive et essentielle »

Satoshi Kondo, directeur artistique d'Issey Miyake, cité par Franceinfo

Le directeur artistique a aussi invité le pianiste Koki Nakano. L'idée : un dialogue entre composition musicale et création vestimentaire, où l'oreille et le regard s'inspirent l'un l'autre, pour rapprocher musique et vêtement.

Le résultat porte une légèreté joyeuse. Vous y retrouvez la sensation d'être délicatement enveloppé par le mouvement du tissu, qui se transforme sans cesse avec la personne qui le porte.

Ce que ces rendez-vous disent du travail de la matière

Ces deux maisons prennent des chemins opposés. Anrealage empile les technologies, de l'impression économe en eau au papier électronique, jusqu'à la peau en LED. Issey Miyake revient au tissu nu, à la façon dont il enveloppe, oscille et respire sur un corps en mouvement.

Pourtant, le point commun saute aux yeux : dans les deux cas, tout part de la matière et du geste. Et dans les deux cas, l'exposition permet de prolonger le défilé, de s'approcher, de comprendre comment la pièce est construite.

Si vous cousez ou tricotez, retenez surtout cette idée : l'innovation ne passe pas forcément par la technologie. Elle peut aussi naître d'un tissu manipulé à la main, comme à l'origine du vêtement.

Vos questions

Quand s'est tenue la Fashion Week féminine printemps-été 2027 à Paris ?

Elle s'est déroulée du 28 septembre au 6 octobre, soit neuf jours. Une centaine de griffes étaient inscrites au calendrier. Elle a suivi les semaines de la mode de New York, Londres et Milan.

Que montre l'exposition Just An Real Age d'Anrealage ?

Elle retrace 25 collections parisiennes, de Shadow au printemps-été 2015 à Skin au printemps-été 2027. On y voit des looks d'archives sur un podium circulaire, des pièces photochromiques révélées à la lumière UV et un espace consacré à Thomas Bangalter. L'exposition part ensuite pour Tokyo.

Que signifie le Ma dans la collection d'Issey Miyake ?

Le Ma est un espace d'entre-deux, que la collection Figure of Ma cherche à faire comprendre par le geste de manipuler le tissu. Satoshi Kondo y voit une forme primitive et essentielle de la relation entre corps et vêtement. Le pianiste Koki Nakano a dialogué avec la création pour lier musique et vêtement.

Sources : franceinfo.

Clémence Valdorne · auteur

Clémence Valdorne

Contributeur·rice du carnet d'atelier Je Couds.

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