Vous aimez regarder un vêtement de près ? Cette collection s'y prête. Le 5 octobre, au Grand Palais, Matthieu Blazy a présenté 83 silhouettes Chanel printemps-été 2027 faites de voiles superposés, de mailles arachnéennes et de broderies. Le tailleur devient souple, les oiseaux se glissent dans chaque détail. Voici ce que cela dit du travail des ateliers.
En bref
- Le 5 octobre, au Grand Palais, Matthieu Blazy a présenté Chanel printemps-été 2027 sous une nuée d'oiseaux.
- La collection compte 83 silhouettes et 83 modèles de chaussures différents, du jersey de lingerie au tweed noir complexe.
- Le tailleur devient souple et se porte à même la peau, avec voiles ajourés, maille arachnéenne et broderies en claire-voie.
Le chiffre clé : 83, silhouettes et autant de modèles de chaussures différents dans le défilé.
Un tailleur Chanel qui se porte sur la peau et suit la marche
Le tailleur est la pièce signature de la maison, et Matthieu Blazy lui retire sa raideur. Les premiers passages empilent les transparences : voile ajouré, maille arachnéenne, broderies en claire-voie. La veste ne pose plus, elle accompagne la démarche.
Le créateur invite même à la porter à même la peau. Sur le podium, les mannequins la laissent pendre au bout de la main, le bas de la veste frôlant le sol.
Pour vous qui cousez ou tricotez, la leçon est concrète. Ici, la tenue d'un vêtement ne vient plus d'une structure serrée. Elle vient de la façon dont la matière tombe et bouge avec le corps. Une veste qui traîne au bout du bras n'est pas un simple effet de mise en scène : elle montre un tissu souple, assez maîtrisé pour rester élégant sans aucune raideur.
Voiles de soie, maille perlée et plumes : la légèreté se construit couche par couche
La légèreté ne tient pas à un seul effet. Elle s'obtient en empilant plusieurs techniques. Les robes du soir s'inspirent des années 1930 : elles sont coupées dans le biais et brodées de paillettes. À côté, on trouve de la maille perlée et des plumes en bataille. Des voiles de soie superposés dessinent des silhouettes vaporeuses, comme des nuages qui traversent le podium.
| Matière ou technique | Où on la voit |
|---|---|
| Voile ajouré, maille arachnéenne, claire-voie | Premiers passages, en transparences superposées |
| Coupe en biais et paillettes | Robes du soir inspirées des années 1930 |
| Maille perlée et plumes | Créations légères et ébouriffées |
| Voiles de soie superposés | Silhouettes vaporeuses |
| Tweed complexe gansé | Dernier tailleur noir |
Ces matières ont un point commun : elles ne cachent rien. Derrière un voile ou une maille ajourée, un point mal posé ou une coupe approximative se verraient tout de suite. Le travail des mains se lit donc à l'œil nu, ce qui en fait un beau terrain d'observation si vous aimez examiner les finitions.
Le dernier tailleur prouve que la maison sait aussi faire dense. Entre les deux, tout le registre du fil, du plus aérien au plus travaillé.
Martinets et hirondelles se glissent dans les boutons, les bijoux et les broderies
Le vrai fil rouge de la collection se cache dans les détails. Martinets, hirondelles et autres oiseaux apparaissent sur les boutons, les bijoux et les broderies. Ce sont des symboles d'émancipation chers à la maison. Ils portent l'idée centrale du défilé : un héritage qui ne reste pas en cage.
Les accessoires prolongent l'envol. La minaudière prend la forme d'une cage à oiseaux, et certains sacs semblent capturer le passage du temps. Les bijoux arrivent en profusion, dans la tradition d'une accessoirisation qui fut un rendez-vous mythique de l'ère Karl Lagerfeld.
- Des sautoirs et des boucles d'oreille en nombre.
- Des boutons ornés de petits camélias dorés, d'hirondelles et de martinets.
- Un bouquet d'étoiles autour du cou et aux oreilles, clin d'œil à « Bijoux de diamant », première collection de haute joaillerie de Coco Chanel, présentée en 1932 sur un thème céleste.
- 83 modèles de chaussures différents, un pour chaque passage.
Pour qui aime les détails, c'est un défilé à regarder en zoomant. Les boutons seuls valent un détour.
Gabrielle Chanel est racontée en plusieurs vies, du corset au costume
Matthieu Blazy ne cherche pas à figer les archives. Il traduit plusieurs moments de la vie de Gabrielle Chanel en vêtements. Le défilé s'ouvre sur des sous-vêtements en jersey, qui rappellent les premières intuitions de celle qui allait libérer les femmes du corset.
Le corset de sa jeunesse ne garde presque que son armature, transformée en lingerie délicate poinçonnée de grosses fleurs. Vient ensuite l'exploration du vestiaire masculin : costume pantalon, jupes crayon, bords bruts et trompe-l'œil de tissus tailoring. Puis des robes légères semblent s'envoler d'elles-mêmes, avec un passage couleur de nuit constellé d'étoiles.
Le créateur résume son idée ainsi :
« Tout au long de leur vie, les femmes incarnent plusieurs versions d'elles-mêmes, comme les différentes faces d'une même pièce. C'est comme un cadavre exquis, où une identité en entraîne une autre. Il s'agit des femmes qui se cachent en chaque femme. Et ici, il s'agit d'une femme en particulier, Gabrielle, qui est ensuite devenue Chanel. »
Matthieu Blazy, à propos de sa collection, dans Vogue
La collection se lit comme une journée de femme dont la garde-robe change avec l'humeur. La ligne directrice reste une élégance intemporelle, teintée de désinvolture.
Un tailleur noir et un 2.55 patiné referment la boucle
Le cadre annonce l'histoire. Au Grand Palais, lieu de rendez-vous habituel de Chanel, une nuée d'oiseaux et une lune accrochée à la verrière accueillent les invités. La scénographie de conte prolonge celle de la collection haute couture de juillet.
Le final referme la boucle. Un tailleur noir, simple en apparence, se révèle être un tweed complexe gansé d'une fine brillance. La mannequin Dyanira Hurbuscher tient au bout des doigts le 2.55 de Gabrielle Chanel elle-même, délicieusement patiné. Un sac usé par le temps face à un tweed neuf : le cycle de la mode, dans une circularité parfaite.
Pour votre propre atelier, retenez une habitude : regardez les photos du défilé en vous attardant sur les transparences, les boutons et le tombé des vestes. C'est là que se lit la maîtrise.
Vos questions
Quand et où le défilé Chanel printemps-été 2027 a-t-il eu lieu ?
Il s'est tenu le 5 octobre au Grand Palais, lieu de rendez-vous traditionnel de la maison. Matthieu Blazy y a présenté 83 silhouettes sous une nuée d'oiseaux et une lune accrochée à la verrière.
Que devient le tailleur Chanel dans cette collection ?
Il devient très souple et suit la démarche. Matthieu Blazy invite à le porter à même la peau, et les mannequins laissent la veste pendre au bout de la main. Les premiers passages l'habillent de voile ajouré, de maille arachnéenne et de broderies en claire-voie.
Où trouve-t-on les oiseaux dans la collection ?
Martinets, hirondelles et autres oiseaux apparaissent sur les boutons, les bijoux et les broderies. Ils symbolisent l'émancipation chère à la maison. La minaudière en forme de cage à oiseaux prolonge cette idée.
Sources : grazia.fr, vogue.fr.












