Une chemise blanche, un pantalon blanc, un jean : à première vue, rien d’exceptionnel. Pourtant, pour le printemps-été 2027, Pierpaolo Piccioli applique à ces basiques les techniques de sa collection haute couture chez Balenciaga. Le changement se lit dans la coupe et la construction. Voici comment le regarder.
En bref
- Pierpaolo Piccioli applique aux vêtements ordinaires les techniques de sa collection haute couture Balenciaga, présentée plus tôt cette année.
- La première silhouette associe chemise cintrée et pantalon blancs, face à une sculpture de corail géante d’Aude Franjou.
- Jeans, chemises et tee-shirts reposent sur un travail de coupe et de construction, relevé de couleurs franches.
Le chiffre clé : 2027, Saison printemps-été de Balenciaga où la couture investit les basiques du quotidien.
La couture quitte la haute couture pour habiller les pièces de tous les jours
Pierpaolo Piccioli a posé le cadre en backstage, quelques minutes après le défilé. Pour lui, la couture ne doit pas rester un souvenir du passé : elle doit parler à l’époque actuelle. Il a donc voulu diffuser sa méthode jusque dans les vêtements que l’on porte tous les jours.
Concrètement, le créateur reprend certaines techniques développées pour sa collection haute couture Balenciaga. Celle-ci a été présentée plus tôt cette année à la Cité universitaire de Paris, dans le 14e arrondissement. Ces techniques servent désormais à réinventer les pièces les plus ordinaires de la garde-robe.
Je pense que la couture doit être pertinente pour l’époque dans laquelle nous vivons, et pas seulement être quelque chose qui appartient au passé.
Pierpaolo Piccioli, en backstage, cité par Vogue
Ce choix change la lecture du défilé. Vous ne cherchez plus seulement la robe spectaculaire : vous regardez comment un vêtement banal est coupé et construit. C’est là que se voit le travail des ateliers.
Une chemise cintrée et un pantalon blancs ouvrent le défilé, devant un corail géant
Le décor est immaculé, comme une toile blanche. Un seul élément l’habite : Les Coraux de la Liberté, sculpture de l’artiste française Aude Franjou datant de 2025, en forme de corail gigantesque. La première silhouette sort de l’ombre face à elle.
Elle est d’une grande sobriété : une chemise cintrée blanche, un pantalon blanc. Pierpaolo Piccioli y tient : « Le premier look se compose du matériau le plus humble, du vêtement le plus archétypal. » Selon lui, sa silhouette a été redéfinie simplement par le travail de la couture.
La sculpture dit aussi quelque chose des petites mains. Le créateur se dit reconnaissant envers les personnes qui travaillent dans la couture, et voit dans l’œuvre le temps nécessaire au tissage de ces fils. Il y lit aussi l’idée de vivre ensemble, la symbiose entre le micro-organisme et le corail.
Jeans, chemises et tee-shirts reposent sur un travail minutieux de coupe et de construction
Toute la garde-robe ordinaire défile : jeans, chemises, tee-shirts. Chaque essentiel est réinterprété par un travail minutieux sur la coupe et la construction, propre à la fois à la maison et à la vision de Pierpaolo Piccioli. Les pièces atteignent un fort degré de simplicité, mais la touche humaine du savoir-faire leur donne leur singularité.
D’autres modèles s’affichent plus franchement couture. Des robes aux cols organiques dessinent de véritables volumes, en écho à celui qui en fut le maître chez Balenciaga. Piccioli résume : « Pour moi, Cristóbal Balenciaga, c’est la silhouette, le volume, la forme. »
Si vous cousez ou tricotez, retenez la leçon. Avant la matière ou la couleur, ce sont la ligne d’un col, la tenue d’une coupe et la construction d’une pièce qui font la différence.
Bleu roi, turquoise, rose bonbon et orange : la couleur bouscule la sobriété
La collection se déploie en nuances vibrantes, par touches monochromes. Voici les pièces à retenir.
| Pièce | Ce qui la distingue |
|---|---|
| Première silhouette | Chemise cintrée et pantalon blancs |
| Blouson Harrington | Bleu roi |
| Pull | Turquoise, dissimulé sous une combinaison de costume |
| Robe drapée | Rose bonbon |
| City bag, sac iconique de la maison | Orange lumineux |
| Robes | Cols organiques qui dessinent des volumes |
Cristóbal Balenciaga reste indissociable du noir, qu’il considérait comme une véritable matière sculpturale. Il savait pourtant manier les couleurs. Piccioli le rappelle : « À son époque, il utilisait des couleurs très fortes et audacieuses. » Pour lui, « je pense que la couleur doit être quelque chose d’instinctif. Elle ne peut pas être planifiée. »
Le décalage passe aussi par les accessoires : lunettes-masques maintenues par un cordon qui entoure la tête, sacs aux teintes franches, détails qui viennent perturber la sobriété apparente des silhouettes. L’ensemble garde une touche ludique.
Le confort reste la règle : la saison vise la légèreté, le mouvement et la liberté
Pierpaolo Piccioli joue avec les codes de la couture d’hier pour en proposer une lecture neuve, ancrée dans son époque. Il le fait sans jamais sacrifier le confort. La saison s’inscrit ainsi dans une quête de légèreté, de mouvement et de liberté.
Retenez donc ceci : chez Balenciaga, pour le printemps-été 2027, la couture n’est plus cantonnée aux pièces d’exception. Elle se glisse dans la chemise, le pantalon, le jean et le tee-shirt, et se lit dans la coupe et la construction.
Si vous aimez coudre ou tricoter, c’est un beau terrain d’observation. Une chemise blanche, un jean, un tee-shirt : des pièces que vous connaissez par cœur deviennent ici un exercice de style, où chaque détail de coupe compte.
Vos questions
Qui signe le défilé Balenciaga printemps-été 2027 ?
C’est le créateur Pierpaolo Piccioli. Il s’est confié en backstage quelques minutes après le défilé. Il y explique vouloir appliquer l’approche de la couture aux vêtements du quotidien.
Quelles techniques de haute couture retrouve-t-on dans cette collection ?
Pierpaolo Piccioli a transposé certaines techniques développées pour sa collection haute couture, présentée plus tôt cette année à la Cité universitaire de Paris. Elles se lisent dans la coupe et la construction des jeans, chemises et tee-shirts. Les robes aux cols organiques relèvent, elles, plus directement du registre couture.
Balenciaga tourne-t-elle le dos au noir ?
Le défilé mise sur des nuances vibrantes : bleu roi, turquoise, rose bonbon, orange. Cristóbal Balenciaga restait pourtant indissociable du noir, qu’il considérait comme une matière sculpturale. Piccioli rappelle qu’il utilisait aussi, à son époque, des couleurs très fortes et audacieuses.
Sources : vogue.fr.












